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Moins de restrictions environnementales, plus de préférence européenne : la France et l'Allemagne se mettent d'accord sur l'avenir de l'industrie automobile européenne
information fournie par Boursorama avec Media Services 16/10/2026 à 10:20

L'accord constitue une "approche équilibrée", entre une "trajectoire ambitieuse de décarbonation européenne" et une prise en compte des "réalités" du marché automobile, estiment Paris et Berlin.

( AFP / BENOIT DUCROCQ )

( AFP / BENOIT DUCROCQ )

La France et l'Allemagne s'apprêtent à valider un accord provisoire sur la préservation de l'industrie automobile européenne qui prévoit notamment une préférence européenne renforcée et une détente sur les restrictions environnementales, ont indiqué des sources diplomatiques, en marge d'un sommet européen jeudi 15 octobre à Bruxelles.

Cet accord attend encore un ultime feu vert du parti social-démocrate (SPD) au sein de la coalition allemande.

Selon ce texte -qui attend encore un ultime feu vert du parti social-démocrate (SPD) au sein de la coalition allemande-, la France fait des concessions supplémentaires sur les émissions de CO2 des voitures , ce qui confirme le renoncement des Européens à passer au tout-électrique en 2035.

Et l 'Allemagne accepte une définition plus stricte de la préférence européenne , qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir en composants fabriqués en Europe ou dans certains pays partenaires. Cette logique du "Made in Europe", une forme de protectionnisme, serait réservée à la production au sein des Vingt-Sept et chez des partenaires proches comme la Grande-Bretagne, la Norvège ou la Suisse. Si la mesure est confirmée, c'est "une bonne nouvelle pour l'industrie automobile britannique", a salué Londres.

Cet accord devrait permettre à l'Union européenne d'avancer sur son "paquet" automobile et sur sa législation sur la préférence européenne, en train d'être négociés entre les Vingt-Sept et au Parlement européen.

Pour y parvenir, Paris a validé des flexibilités supplémentaires pour les véhicules thermiques, que réclamait Berlin afin de préserver sa puissante industrie automobile. Selon le document, les industriels devront baisser leurs émissions de CO2 de 90% en 2035, mais pas compenser les 10% restants, contrairement à une proposition initiale de la Commission européenne. Ce texte justifie cette concession par "l'utilisation croissante de carburants" dits "renouvelables", dont les biocarburants.

La France et l'Allemagne entendent aussi assouplir une proposition de Bruxelles visant à électrifier les flottes d'entreprises, en demandant d'intégrer certains véhicules thermiques à faibles émissions. Un mécanisme de "supercrédits", qui était réservé aux petits véhicules électriques moins coûteux pour favoriser leur développement, serait en outre étendu aux voitures électriques de plus grande taille.

Résister à la vague chinoise

En échange, Berlin valide le principe d' une préférence européenne resserrée dans l'industrie automobile, dès 2028 , afin de résister à la vague des véhicules chinois qui déferle en Europe.

L'Allemagne a longtemps défendu un "Made with Europe" (fait avec l'Europe), élargi à de nombreux pays. Elle a finalement accepté des critères plus stricts, pour se concentrer sur l'Union européenne et de proches partenaires. L'intégration du Royaume-Uni enverrait un signal important à Londres avant le sommet UE-Grande-Bretagne, prévu le 20 novembre à Bruxelles.

Le Made in Europe apporte "une réponse structurelle au 'choc chinois'", dans le secteur automobile, estime Neil Makaroff, spécialiste de la transition écologique du think tank Strategic Perspectives. "Mais l'assouplissement des normes strictes en matière d'émissions de CO₂ pour les voitures risque d'être une mesure contre-productive" voire "fatale" pour l'industrie européenne, "au moment où la course à l'électrification bat son plein", juge-t-il.

L'Allemagne et la France considèrent que cet ensemble de mesures constitue une "approche équilibrée" , entre une "trajectoire ambitieuse de décarbonation européenne" et une prise en compte des "réalités" du marché automobile.

Enfin, les deux pays plaident pour que ces textes européens soient "adoptés aussi rapidement que possible et simultanément", au sein des institutions européennes.

L'ACEA, le lobby des constructeurs européens, avait appelé mercredi à accélérer les négociations sur ce paquet automobile européen, en espérant une adoption début 2027.

Les organisations environnementales fustigent quant à elles régulièrement les concessions faites à l'industrie au détriment de l'écologie. Fin décembre 2025, c'est la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, qui déplorait les flexibilités accordées aux véhicules thermiques dans la proposition initiale de la Commission européenne, pourtant plus exigeante que le compromis franco-allemand avancé jeudi.

4 commentaires

  • 11:52

    Popo27 il y a des formations économiques pour adultes !!!


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